Monday, January 26, 2026

Chassez le naturel...

…il revient au galop ou Business as usual Revenant à peine de Davos, Mark Carney, tel un Antée moderne rapidement retrouvé toute sa vigueur fédéraliste aussitôt qu’il a retrouvé le sol canadien. avec cette vigueur fédéraliste, il a rapidement retrouvé ses marques de gardiens et de défenseurs de l ‘unité canadienne, il a choisi pour ce faire, un lieu hautement symbolique. «Fort d‘une allocution très remarquée au forum économique mondial de Davos, Mark Carney a livré jeudi un plaidoyer pour l’unité canadienne en empruntant les chemins sinueux de l’Histoire

 dans un discours sur les Plaines d’Abraham à Québec, «un lieu chargé d’histoire» «En septembre 1759, deux armées se sont affrontées ici dans une bataille qui a changé à jamais le cours de l’histoire de ce continent. Lorsque la fumée, s’est dissipé, les deux commandants, Wolfe et Montcalm, gisaient mourants leurs destins liés dans la même mort». «La Nouvelle-France était tombée, l’Amérique du Nord britannique était née»: ainsi a-t-il donné le ton en français.»

«Le «pacte canadien», selon lui, a été « renouvelé» à plusieurs reprises dans l’histoire dans l’histoire, notamment lorsque «les Québécois ont choisi, à deux reprises, de rester au sein du Canada, estimant que ce partenariat, malgré toutes ses frustrations méritait non seulement d’être préservé, mais aussi d’être renforcé », a-t-il ajouté, en référence aux deux référendums sur la souveraineté du Québec.» (Sur les plaines d’Abraham, Mark Carney livre un plaidoyer pour l’unité canadienne et parle de Conquête, Journal de Québec, 22 janvier). C’est Christine Normandin, leader parlementaire du Bloc québécois, qui dans une formule heureuse a le mieux mis en perspective les deux discours: «Il a livré à Davos un discours qui a vraisemblablement fait l’histoire, mais ici à Québec, il a livré un discours qui a refait l’histoire», a-t-elle ajouté» » (Discours sur les Plaines d’Abraham: le Bloc accuse Mark Carney de réécrire l’histoire, op. cité). Puisque c’est Mark Carney qui nous parle des frustrations inhérentes au «pacte canadien» N’attendons pas la réplique promise par Paul Saint-Pierre Plamondon, nos lecteurs sont en mesure de dresser leur propre liste de «frustrations» nées du « pacte canadien » pour ne parler que de la phase proprement canadienne de votre histoire (ce qui nous conduit à exclure la pendaison des Patriotes de 1837-38 et le rapport Durham, survenu pendant l’ère coloniale britannique de notre histoire). Revenons à ces «frustrations», ouvrons le ban pour l’ère canadienne de notre histoire: avec l’exécution de Louis Riel, n’oublions pas les deux crises de la conscriptions (celle de 1917 et celle de 1942), l’application de la Loi sur les mesures de guerre d’Octobre 1970, le vol du référendum de 1995). 

 


 

 

Ce qu’il faut dès maintenant appeler le « discours des Plaines d’Abraham», c’est probablement sous ce nom qu’il passera à l’histoire. Le «discours des Plaines d’Abraham» N’est pas qu’une relecture très biaisée et très personnelle de l’histoire; Mark Carney injecte de nouveaux éléments dans le «pacte canadien». «Les plaines d’Abraham symbolisent un champ de bataille oui, mais elles symbolisent aussi le lieu ou le Canada a commencé à faire le choix historique de privilégier l’adaptation plutôt que l’assimilation, le partenariat plutôt que la domination, la collaboration plutôt que la division. Intéressant ce recours au terme «collaboration» par un anglophone, je ne crois pas qu’il ait la même portée historique en anglais qu’en français.» Dans le monde francophone, la Collaboration c’est cette période correspondant à l’occupation militaire allemande de la France entre 1940 et 1944, période qui englobent la constitution d’un gouvernement satellite à Vichy (L’État français) afin d’administrer la France au nom des Allemands ( finalement le mot décrit assez bien la situation historico-politique du Québec: à bien y penser nous aussi, nous avons été conquis en 1760 et nous sommes occupés militairement depuis. Ottawa a installé, en1867, un gouvernement fantoche Québec. Dans cette perspective, nous sommes toujours dans l’attente de notre Libération. (Mark Carney  accusé de déformer l’histoire des plaines d’Abraham, Radio-Canada, 22 janvier) Faut-il voir dans cette déclaration un avant-goût de la réthorique qu’utilisera Mark Carney lors de la prochaine campagne référendaire. le camp du Non, mettant lourdement l’accent sur la «division» versus la «collaboration» que représenterait l’accession du Québec à l’indépendance. 

Finalement, le retour au Canada de Mark Carney  aura pris la forme d’une petite journée ordinaire au bureau: business as usual

No comments:

Post a Comment