Thursday, November 22, 2018

Une journée dans la vie du Journal de Montréal

« L'appui «apporté par Québec solidaire à Justin Trudeau » sur la question des seuils d'immigration a suscité de nombreuses et instructives réactions chez certains chroniqueurs de Journal de Montréal. Sont montés en ligne pour un tir groupé,  Denise Bombardier, Joseph Facal, Richard Martineau et Mathieu Bock-Coté. Première constatation ces chroniqueurs et la chroniqueuse semblent encore sous le choc des progrès de Québec solidaire (QS) et sous celui concomitant de la déconvenue du Parti Québécois(PQ). Le ton général est à la trahison du Québec en raison de ce désaveu de facto du choix majoritaire des Québécois au soir du 1er octobre.  Les Québécois ayant choisi d'abaisser les seuils d'immigration en appuyant la Coalition Avenir Québec (CAQ), QS est un parti d'opposition, rien ne l'oblige à approuver les positions de la CAQ. QS a encore le droit de considérer que l' »intérêt supérieur » du Québec demande plus d'immigrants, nous sommes encore dans une société libre, même pour dire des sottises. QS n'est pas responsable devant l'aréopage de chroniqueurs énuméré plus haut, mais devant ses électeurs et éventuellement devant la population québécoise en 2022.  




La plus intéressante des chroniques est celle de Joseph Facal (Qs : Piège à cons, Journal de Montréal, 17 novembre)
 
Il ramène le débat à l'essentiel, il ne s'agit pas de l'appui de QS à Justin Trudeau, fausse querelle destinée à faire vendre de la copie le vrai débat que révèle, la présence des solidaires fait de Gabriel Nadeau-Dubois (GND) aux côtés de Justin Trudeau est cette coagulation d'un front mondialiste contre les nationalistes. Dans des phrases aux accents Barrèsien, le chroniqueur écrit: « La ligne de partage entre les eaux au Québec n'et plus pour l'avenir prévisible entre la gauche et la droite, entre les fédéralistes les souverainistes.  Elle oppose les multiculturalistes-QS, PLQ, PLC, etc.- à ceux qui croient qu,il y a une spécificité à protéger et une laïcité à affirmer, afin de contribuer à la vraie diversité du monde. »Plus de cent ans après la guerre des nationalistes et des cosmopolites , nous y sommes revenus. Il n'y a rien à ajouter à la description de la situation faite par Joseph Facal , sinon que la la ligne de partages des eaux traverse tout le monde occidental, les média aux ordres ont choisi et définissent le camp des scélérats, Orban en Hongrie, Salvini en Italie, Kurtz en Autriche. Les élections européennes de juin 2019 permettront de mieux distinguer ou la ligne de partage des eaux passe à Strasbourg.

La moins intéressante des chroniques est celle Richard Martineau (Le nouveau Parti rhinocéros, Le Journal de Montréal, 17 novembre) 

Brouillon, sautant du coq à l'âne pour donner l'impression d'embrasser large, Martineau étreint surtout mal en courant plusieurs lièvres à la fois. Pour décrire Québec solidaire il commence par citer le Parti Rhinocéros (PN) créé , en 1963, par le médecin -poète Jacques Ferron.  dans l'inculture qu'il a acquise à l'hebdomadaire Voir.  Martineau néglige de mentionner que le PN était un parti fédéral constitué pour se moquer justement du fédéral et plus largement du Canada.  Ferron était pacifiste  (en 963, le Canada de John Diefenbaker est plongé dans la crise des missiles Bomarc et de la présence d'armes atomiques américaines en sol canadien) et socialiste.

Lorsqu'il est cours d'arguments, Martineau retourne souvent à un humour trivial, il écrit aux sujets des porte-paroles de QS «Trois semaines comme ça et ils vont devenir les Ding et Dong de la politique de la politique québécoise. Partez le piano: « Sol et Manon sont de drôles de pistolet. Ils marchent sur la tête même quand c'est pas leur fête. » Personne n'a dit que Manon Massé avait fait une folle d'elle lors des débats es chefs télévisés lors de la campagne électorale, voilà pour Dong, GND a mené les troupes étudiantes lors du Printemps érable et s'il ne s'y ait pas fait que des amis, il ne s'est pas couvert de ridicule, il s'est par ailleurs révélé un parlementaire discipliné, voilà pour Ding. L'écoute des chroniques télévisées de Richard Martineau à TVA, dans Le Québec matin montre un  Martineau qui ne tourne pas le dos à un peu de comédie pour appuyer ses dires, en fait il cabotine (effets de sourcils appuyés font partie de l'attirail du chroniqueur de Réveillez-vous, grands mouvements de bras.) Martineau dans sa recherche des substituts contemporains à Ding et Dong, n'a qu'à se regarder et regarder sa voisine de pupitre dans la salle de rédaction du quotidien de la rue Frontenac, Richard Martineau et Sophie Durocher forment un parfait couple de Ding et Dong. Ayant épuisé le filon Ding et Dong, Martineau s'en prend à Catherine Dorion, élue Solidaire de  Taschereau, adoptant un ton familier et paternaliste, il écrit : que les élues libérales en tailleur et mocassins, pensons à notamment aux Stéphanie Vallée et Isabelle Melaçon, je fais plus confiance à la première facile à voir venir de loin avec son écologisme est son socialism à gros sabots e que les secondes avec leur diplôme en droit et en sciences politiques leur language fleuri), s'en va en avion à Bilbao (pour un sommet européen des forces de gauche, progressistes et écologistes, voilà qui a au moins le mérite de la clarté et de la logique) pour parler de lutte aux changements climatiques, effet facile et clin d'oeil aux rieurs, Martineau ne nous explique pas comment il se rendrait lui de Québec\Montréal à Bilbao, probablement en voiture ou en train de Paris à Bilbao. Puis sautant une nouvelle fois du coq à l'âne , il abandonne Bilbao, pour éreinter Catherine Dorion sur le 3e lien et la « ligne de coke ». Il écrit: »Tertio: comparer les défenseurs du troisième lien  à des cocaïnomanes- idée géniale qui a reçu l'aval du parti . Oui mesdames et messieurs !  Le politburo du part a vu cela et a dit: »Mais quelle bonne idée ! Je vous dit que ça carbure , à QS! Ça percole! Ça cogite! les forces vives du Québec en marche ! Mais si ce n'était que ça...Mais non. L'ange Gabriel (manifestation de l'humour subtil de Martineau) s'est mis à genoux devant Trudeau et l'a supplié d'envoyer promener un premier ministre élu démocratiquement par le peuple du Québec. on rirait si ce n'était pas si minable ... (il en faut un pour en reconnaître un autre). Pour le troisième lien et la ligne de coke, les gens auront compris que Catherine Dorion faisait référence au fait que nous étions dépendant à l'automobile.

QS, L'allié de JustinTrudeau
 Plus intéressante que Richard Martineau, mais moins profonde dans l'analyse que Josef Facal, Madame B ne s'est pas remise de son soir du 1er octobre, elle écrit : « Québec solidaire , grisé par les résultats qui lui accordaient 10 députés le plaçant à égalité avec le PQ se comportait comme s'il était le parti qui venait de prendre le pouvoir.  Revenu sur terre depuis, QS cherche à se démarquer dans le paysage politique.  Il a réussi, cette semaine, de façon renversante , honteuse même en exhortant le gouvernement Trudeau d'empêcher François Legault , le premier ministre, de réduire le nombre d'immigrants au Québec.  Elle poursuit en écrivant: «  Cela démontre bien l'aberration des dirigeants de QS d'exiger qu'Ottawa mette au pas. N'est-ce pas dans le sillage sur les mesures de guerre de triste mémoire?»(tout ce qui est excessif...) .Puis marchant dans les traces de Martineau, Madame Bombardier évoque GND: « Gabriel Nadeau-Dubois ,qui a besoin de micros et e caméras, s'est aussi porté à la défense de la députée-poétesse Catherine Dorion de Québec qui compare le troisième lien à une ligne de cocaïne. de la « marde » en somme ».  « la métaphore est originale et un peu osée...et c'est tant mieux. Les gens sont tannés de la langue de bois », a-t-il tweeté.(curieuse réflexion d'un femme qui est une personnalité médiatique depuis les années 1960).  

Le multiculturalisme de Québec solidaire ... ».
 Pas de traces d'indignation dans la chronique de Mathieu Bock-Coté (MBC), pas de traces d'indignation parce que nulle  surprise.  Pour MBC, le multiculturalisme de QS converge idéologiquement avec le PLQ, cette convergence avec le Parti libéral de Philippe Couillard ne pouvait que conduire QS dans les bras de Justin Trudeau.  Il écrit : "QS est d'abord et avant tout un parti associé à la gauche radicale , une gauche radicale allergique à tout ce qui touche l'identité québécoise qui n'envisage l'indépendance du Québec qu'à condition de la soumettre à toutes ses conditions idéologiques, et elles sont nombreuses. » Les réflexions de MBC s'appliquent à la gauche radicale européenne et à une partie du parti démocrate américain favorable lui aussi à une plus grande ouverture des frontière aux immigrants.  Pour GND Le Québec et a une responsabilité envers les gens qui cherchent à améliorer leur sort, à fuir la guerre ou les dérèglements climatiques.  Pas étonnant que Justin Trudeau et lui s'entendent comme larrons en foire.  Approfondissant son analyse, MBC en arrive à la même conclusion que Joseph Facal, dans des termes à peine différents, il écrit: » Nous sommes entrés dans une nouvelle époque politique québécoise, ou le clivage traditionnel entre les souverainistes et fédéralistes est partiellement remplacé par celui entre les nationalistes et et multiculturalistes »

Au terme de ce tour d'horizon des chroniques du Journal de Montréal du 17novembre sur les contacts QS, GND et JustinTrudeau, notons que les deux pensées les plus fécondes sont celles de Joseph Facal et Mathieu Bock-Coté. Les deux prennent des chances en s'éloignant de la Pensée unique du journalisme mainstream, Richard Martineau et Denise Bombardier sont plus conformistes et se souviennent de quel côté leur pain est beurré. Revenons à Joseph Facal et Mathieu Bock-Coté, l 'un des deux a-t-il du Maurras dans le nez et la volonté de devenir le grand penseur nationaliste qui manque au Québec depuis le décès du chanoine Groulx. Une constatation, si l'idée de trahison n'est jamais loin, aucun des chroniqueurs, à l'exception Mathieu Bock Coté ne mentionne le fait que GND n'a peut-être rien trahi, mais qu'il est demeuré fidèle au programme de son parti et aux convictions profondes des militants de QS. Les Québécois se sont-ils trop habitués à la corruption libérale et au reniement de l'article 1 par le Parti Québécois pour lire un programme politique et assumer que ses militants sont sérieux et convaincus. Honte à nous et aux électeurs indépendantistes de QS. 

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