Monday, June 12, 2023

Manger froid

 



La vengeance est dit-on un plat qui se mange froid!Mangeons froid et dégustons lorsque cela lorsque cela passe. 
 

 
 
 La côte Est de nos voisins américains est plongée dans un smog attribuée aux feux de forêts qui affligent actuellement le Québec. 
«Blame Canada»: La Une du New York Post accuse le pays pour le smog, Le tabloïd est connu pour ses unes percutantes, mais celle de jeudi va peut-être trop loin. » les incendies de forêt au Canada plongent la ville de New York dans un enfer sinistre et enfumé » a-t-il écrite première page en utilisant le terme «Canuck» pour désigner les Canadiens.» («Blame Canada», Journal de Montréal, 6 juin). 
Je n’envie pas le sort des habitants de New York, mais je rappelle ceux-ci que le Québec et le Canada subissaient voilà quelques années de cela, des pluies acides attribuées aux centrales électriques américaines  produisant de l’électricité en faisant brûler du charbon. 
Le smog dans lequel est plongé New York et la côte Est américaine sera dissipé dans quelques jours, des vents favorables et quelques ondées viendront rapidement faire oublier ce désagréable épisode aux habitants de la Grosse pomme, nos producteurs agricoles, acéricoles surtout, ont supporté les pluies acides pendant des années. C’est en me souvenant des craintes de ces producteurs acéricoles pour leurs érables que je vais manger froid en riant dans ma barbe .

Saturday, June 10, 2023

Au pays des hochets

 



Nous sommes dans l’oeil de la tempête, en effet nous sommes aujourd’hui, vendredi, le 9 juin, entre la chapelle ardente qui a eu lieu hier, c’est aussi hier que le drapeau flottant sur la tour centrale de l’Assemblée nationale a flotté en berne et la remise de l’Ordre national du Québec qui doit avoir lieu le 21 juin; vous aurez compris je parle de la folie qui entoure le décès du comédien Michel Côté.
Le Québec peut-être afin de de compenser son statut de colonie hier, et aujourd’hui de province, a une fâcheuse propension à jouer les grenouilles, en effet, ne meurent au Québec que des géants, des idoles du peuple, des monuments, des héros, des «chouchous».
Ces termes ont été abondamment utilisés pour souligner les départs de Guy Lafleur puis de Jean Lapointe et maintenant de Michel Côté.
 

 

Preuve que nous sommes bien au pays des hochets: «le comédien Michel Côté sera fait chevalier de l’Ordre national du Québec à titre posthume le 21 juin prochain, comme l’a annoncé le premier ministre François Legault mardi en point de presse . L’interprète de Pointu dans Broue est décédé lundi à l’âge de 72 ans. Legault a expliqué avoir pris cette  décision en consultation avec la famille de l’acteur. «On est en train d’examiner aussi comment on peut honorer sa mémoire. Le premier ministre n’a toutefois pas confirmé si Michel Côté aurait droit à des funérailles nationales ou non. «il y a un travail qui est fait par des gens indépendants, et je me fie à eux autres.» Dans un hommage publié sur Twitter lundi, M. Legault a révélé qu’il avait prévu décerner l’Ordre national du Québec à Michel Côté de son vivant , mais que la faucheuse en avait décidé autrement». 
« Je ris encore aux éclats de Broue, de Cruising bar, de La petite vie, mais je me souviens aussi de son touchant rôle dans C.R.A.Z.Y.»,a-t-il écrit.» (Michel Côté sera décoré de l’Ordre national Québec à titre posthume, Radio Canada, 30 mai).




Suffit-il de «faire rire aux éclats» le premier du Québec pour accéder à l’Ordre national du Québec? Il semble.
Il est vrai que cette accession au titre de chevalier de L’Ordre national du Québec est précédée d’une telle campagne de promotion qu’il peut sembler impossible d’y résister. Citons Gilles Proulx qui illustre bien les excès et la démesure qui marquent cette campagne de promotion; «François Legault[…] avait promis l’Ordre national du Québec à Michel Côté, monument de la culture québécoise, qui nous a quitté lundi. Michel Côté était profondément aimé de son peuple. Tel un Jack Nicholson national, capable de se glisser dans la peau de n’importe qui, il était un vulgarisateur de l’âme québécoise, tant par ses caricatures que dans ses aspects les plus nuancés. un interprète qui par son talent et sa personnalité, aura touché le coeur de nos générations.» (Je suis scandalisé qu’on ait pas honoré Michel Côté dessin vivant, Journal de Montréal, 31 mai)



Je veux bien être traité de traite de pisse-vinaigre lorsque j’affirme que Michel Côté ne mérite pas d’accéder à l’Ordre national du mérite. Le premier ministre a succinctement présenté la contribution de Michel Côté à la culture québécoise en déclarant «rire encore aux éclats de Broue, de Cruising Bar, de La petite vie et se souvenir de son rôle dans C.R.A.Z.Y.. Cette contribution vaut-elle le titre de chevalier de l’Ordre national du Québec?À mon avis non! Procédons dans l’ordre; Broue, que j’ai vu au théâtre n’est guère qu’une farce de potaches une farce de potaches dont seule la durée dans le temps explique la notoriété, à ce prix, faut-il considérer le Gilles Latulippe du défunt Théâtre des Variétés comme un grand dramaturge québécois. Cruising Bar ne s’élève guère au au-dessus du même niveau, Michel Côté y incarne quatre personnages caricaturaux des personnages qui doivent plus au talent des maquilleurs du film qu’à l’interprétation qu’en fait le défunt. Dans La petite vie, Michel Côté a tenu le rôle là aussi caricatural de Jean-Lou, une sorte de Monsieur Bricole, gay, y allant de tous les stéréotypes possibles; poignet cassé. voix de fausset, etc.
Libre à M. Legault de s’esbaudir sur l’humour facile de Broue et de Cruising bar, il sera beaucoup pardonné à un homme qui, au Salon bleu, doit quotidiennement  faire face à Marc Tanguay.
Libre à Gilles Proulx de comparer Michel Côté à Jack Nicholson, comparaison étonnante chez un nationaliste comme Proulx, il suffisait à Gilles Proulx de rester chez nous et de comparer Michel Côté à Jean Duceppe ou Gilles Pelletier, Gilles Proulx n’a pas osé le faire, probablement conscient que Michel Côté n’arrivait pas à la cheville de ces deux hommes. 
Finalement, que valent ces hochets (Ordre national du Québec, funérailles nationales) lorsqu’ils sont distribués à tout vent et au premier saltimbanque venu. Si François Legault, tiens à distribuer des hochets, rappelons lui que Marc Messier, membre fondateur de la troupe de Broue et interprète de Réjean dans La petite vie est toujours vivant.


Thursday, June 8, 2023

Barbie en mission

 



Pour les fins de cette chronique, Barbie est Caroline Proulx, ministre du Tourisme du Québec. On jugera propos sexiste et machiste, mais je ne peux voir Mme Proulx aux informations ou en photographies dans la presse écrite autrement qu’en imaginant la célèbre poupée créée par Mattel; même blondeur et même manucure soigneusement entretenue. Ceux qui croyaient notre ministre du Tourisme absorbée par la relance postpandémique de notre industrie touristique sont dans l’erreur. Les apparences peuvent être trompeuses, la blonde ministre a des convictions et elle compte bien les défendre, n’hésitant pas à utiliser ses prérogatives ministérielles pour le faire: «La ministre du tourisme, Caroline Proulx, a exigé l’annulation d’un évènement intitulé «Rallye, foi, feu liberté»qui devait se tenir à la fin du mois au Centre des congrès de Québec. 
 

 
 
Selon son cabinet, la tenue de l’activité créait un«grand malaise. L’évènement était prévu du 23 juin au 2 juillet. Le promoteur, Harvest ministries International, basé à Kelowna en Colombie-Britannique, prévoyait accueillir 1000 personnes par jour.  Le site Internet du groupe fait la promotion l’évènement sous le vocable «Battle for Canada- Préparons la voie»[…]Un onglet renvoie à un autre site intitulé «Muraille de feu», ou  l’on énumère les valeurs défendues. Parmi celles-ci, une mobilisation pour mettre fin à l’avortement. Cette mesure «a fait de l’utérus l’endroit le plus dangereux pour un enfant au Canada», est-il écrit. […]. Informée de la tenue de l’évènement, la ministre Proulx a conclu qu’il n’était le bienvenue dans une institution gouvernementale. «Notre gouvernement est résolument pro-choix. Et c’est un sujet qui fait largement consensus au Québec», nous a écrit son cabinet dans un échange de courriels. 
 

 
 
Le Centre des congrès, une société d’État, annulera l’activité, dont le contrat avait été signée février. «La liberté d’expression, c’est la règle. Dans ce cas-là, comme société d’État, on pense que c’est notre rôle d’adhérer à certaines valeurs dont le gouvernement fait la promotion», a affirmé en entrevue le PDG du Centre des congrès, Pierre-Michel Bouchard. Selon lui, il n’y a pas moyen de vérifier le contenu des activités. Il se défend de ne pas avoir bien évalué la portée de l’évènement. «On loue des murs et on loue des facilités. Au fur et à mesure que ça se précise, on réagit. On ne passe pas notre temps dans les salles»nous a-t-il dit» (Pierre-Michel Bouchard «loue des murs», il fut un temps ou un dénommé Ponce Pilate préférait se laver les mains, NDA) (La ministre Proulx force l’annulation d’un évènement anti-avortement à Québec, Radio-Canada, 2 juin). L’argumentaire de Pierre-Michel Bouchard n’a pas convaincu le chroniqueur Mathieu Bock-Côté (MBC) pour qui l’affaire relève bien de la liberté d’expression, «On apprenait vendredi que la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a décidé d’interdire la tenue d’un colloque au Centre des congrès qui appartient au gouvernement . La raison: «ce colloque était organisé par une association militant contre l’avortement. La ministre , jugeant cela intolérable, a décidé de frapper l’évènement d’interdit. Je le dirais d’un mot: cette décision est autoritaire et scandaleuse. Comprenons-nous bien: il ne s’agit pas ici d’être favorable ou non à l’avortement. Comme l’immense majorité des Québécois, je ne souhaite aucunement rouvrir ce débat (contrairement à MBC, je ne me dédouane pas et souhaite que ce débat soit réouvert, NDA), et ce colloque ne m’inspire aucune sympathie. Mais l’enjeu n’est pas là. L’enjeu porte sur la liberté d’expression. La liberté d’expression n’a pas pour fonction de défendre des idées consensuelles, mais d’assurer l’expression des idées dérangeantes. À ce que j’en sais, il n’est pas interdit d’être pro-vie au Québec. Dès lors, ceux qui veulent s’engager pour cette cause ne devraient subir ni discrimination politico-idéologique  ni interdiction légale ou administrative. Même si nous réprouvons moralement leur engagement.
 

 
 
 Caroline Proulx pourrait-elle nous dire à partir de quels critères elle autorisera ou interdira les prochains évènements au Centre des congrès? ou les autorisera-t-elle à partir de préférences arbitraires? La réponse du gouvernement Legault a de quoi inquiéter. La réponse de François Legault dans cette affaire va dans le sens de son attitude en ce qui a trait aux nominations de cadres dans le secteur de l’éducation. Faut-il parler de tentation autoritaire? (Voir sur ce blogue,  le pouvoir corromp, 7 juin). Les événements accueillis au Centre des congrès de Québec, au palais des Congrès de Montréal ou au Parc Olympique devront, dit-il «respecter les principes fondamentaux du Québec». Qui les établira? Qui jugera de la conformité d’un évènement public avec ces principes? Est-on conscient que désormais, n’importe quel gouvernement, mouvement, groupe ou groupuscule pourra réclamer l’interdiction d’un évènement , sous prétexte qu’il entre en contradiction avec sa vision ces «principes fondamentaux»?
 
Le gouvernement Legault, allié de la cancel culture. Je ne m’y attendais pas. Mais cela vient d’arriver. 
 
 

 
Grâce à Caroline Proulx, ministre autoritaire et ennemie de la liberté d’expression.» (Caroline Proulx, ministre autoritaire et ennemie de la liberté d »,expression, Journal de Montréal, 5 juin). La réponse aux questions de MBC est venu de François Legault lui-même: «La ministre du Tourisme Caroline Proulx est intervenue jeudi soir pour faire annuler un évènement antiavortement qui devait se tenir à la fin du ois au Centre des congrès de Québec, une société d’État.[…]. Le premier ministre François Legault soutient la décision de sa ministre et va même plus loin en voulant interdire la tenue de ce genre d’évènements. «Il y a une question aussi de jugement. On n’ira pas permettre à des groupes antiavortement de pouvoir faire des grands spectacles dans des organismes public» a-t-il lancé en se rendant à la période des questions, vendredi. « C’est contre les principes fondamentaux du Québec. Il est hors de question que l’une de nos sociétés d’État, qui sont sous notre responsabilité , comme le Centre des congrès ou le Parc Olympique. Ce genre d’évènements n’aura pas lieu chez nous», a martelé la ministre Proulx lors d’une mêlée de presse en compagnie de la ministre responsable de la Condition féminine, Martine Biron. «Selon le gouvernement Legault, il n’est ici question de restreindre la liberté d’expression, mais de défendre «les principes fondamentaux du Québec». Ni le premier ministre  ni les ministres Proulx et Biron ont voulu dresser la liste de ces principes.»(Legault veut interdire des évènements dans des «organismes publics», La Presse, 2 juin). 
Grâce à Caroline Proulx et François Legault, nous savons maintenant que nous vivons en liberté surveillée. Une seule remarque; Les conseillers juridiques de gouvernement Legault ont probablement recommandé au gouvernement de ne pas s’en prendre directement à un droit garanti par la Charte québécoise des droits et libertés et se laisser entraîner dans ce qui deviendrait rapidement une saga judiciaire. En privant le mouvement pro-vie de lieux de réunions publics (certes, il reste au mouvement pro-vie les lieux de réunions privés, le gouvernement Legault entend placer le mouvement pro-vie dans la situation du poisson hors de l’eau (certes, il reste au mouvement pro-vie les lieux de réunions privés, habituellement moins vastes et moins prestigieux, la question se pose d’ailleurs qui voudra sembler, opposer au gouvernement en accueillant les réunions et les activités des pro-vie, le gouvernement a tellement d’occasion de louer des lieux de réunions privés, formations de fonctionnaires, etc., sans compter les réactions possibles des mondes syndical, communautaire et associatif),
Si Martine Biron et Caroline Proulx se montrent incapables dresser la liste de ces principes, L’actualité des dernières semaines permet d’en esquisser les contours, Partis-pris favorable à l’avortement, mais aussi aux personnes LBGTQ+ et aux drag queens (dans ce cas, c’est Martine Biron qui était en mission) (Voir ce blogue, Les nouvelles vaches sacrées, 11 avril). Supportée par le premier ministre, Barbie peut retourner sans craintes au Salon bleu: «L’annulation de l’évènement antiavortement a été salué par l’opposition. «C’est clair, au Québec, on ne veut pas retomber dans le débat quant à l’avortement , c’est important pour nous, et je pense que la ministre était bien avisée de poser ce geste» a mentionné le chef libéral par intérim, Marc Tanguay. « La députée de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a félicité Mme proulx pour son «leadership» «J’ai déjà été ministre du Centre des congrès de Québec, et si j‘avais eu la même information, j’aurais pris la pris la même décision», a fait valoir de son côté le député péquiste Pascal Bérubé. «Ça envoie un message fort. L’État à travers le Centre des congrès, n’a pas à accueillir un tel groupe qui fait la promotion de valeurs qui vont à l‘encontre de celles de l’État» at-il ajouté.  Pascal Bérubé est habituellement mieux inspiré, le député de Matane se rend-il compte que laisser la protection de la liberté d’expression à l’État, c’est confier la garde de la bergerie au Grand méchant loup. Avec de tels amis, la liberté d’expression au Québec n’a pas besoin d’ennemis.

Wednesday, June 7, 2023

Le pouvoir corrompt

 




Le pouvoir absolu, corrompt absolument. Que penserait de François Legault, Lord Acton à qui nous devons cette observation? 
 

 
 
«Quand les résultats ne sont pas, là faut avoir le pouvoir de changer les personnes qui prennent les décisions localement», a défendu le premier ministre jeudi alors que La Presse rapportait les craintes généralisées du milieu scolaire face aux nouveaux pouvoirs que veut s’arroger M. Drainville. Dans une mêlée de presse, Bernard Drainville a affirmé que ««c’est normal» que le gouvernement montre la porte aux gestionnaires qui travaillent contre ses priorités.  Nous allons résister à la résistance au changement, c’est pas compliqué. Il y a beaucoup de résistance au changement . Toutes les fois que tu veux toucher quelque chose , il y a toujours des lobbys qui se lèvent  pour dire: «pas moi, faut surtout pas changer ça», a dit le ministre Sur Twitter, l’attaché de presse du premier ministre a indiqué que les groupes qui critiquent les pouvoirs additionnels que le ministre Drainville veut obtenir, ce qui inclut les comités de parents, les directions scolaires et les syndicats d’enseignants, forment «les forces de l’inertie et [de] la résistance au changement» ( Legault défend le pouvoir de dégommer les DG, La Presse, juin). Lord Acton admirerait comment de François Legault à Bernard Drainville on passe sans mal de «il faut avoir le pouvoir de changer les personnes qui prennent les décisions localement» à «c’est normal» que le gouvernement montre la porte aux gestionnaires qui travaillent contre ses priorités.» Lord Acton conclurait que grâce à François Legault et Bernard Drainville, il ne faudra guère de temps avant le réseau d’éducation  du Québec soit peuplé non de bons et efficaces administrateurs ce qu’il faut souhaiter, mais de «mitaines» servilement soumis aux ordres du ministre dans la crainte quotidienne de se voir «montrer la porte». Contemplant l’ensemble de l’oeuvre de François Legault et Bernard Drainville, Lord Acton en viendrait peut-être aussi à la conclusion que le premier ministre son ministre de l’Éducation devraient consulter pour faire soigner ce début de paranoïa à moins que l’un et l’autre ne souffrent d’un syndrome George W. Bush voulant que «Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous» ; les forces de l’inertie et [de] la résistance au changement (i.e., les comités de parents, les directions scolaires et les syndicats d’enseignants) cela ressemble beaucoup à la grande majorité des intervenants du milieu de l’éducation au Québec. 
 

 

Comment réussir une réforme? Mettez-vous, dès le départ, la majorité du milieu visé par cette réforme à dos.

Sunday, June 4, 2023

Combien de divisions?

 



Quel est le poids réel du lobby antiraciste qui nous les cassent depuis des années avec le profilage racial et la dénonciation du racisme systémique? Impossible à dire. 
La plus récente manifestation àMontréal dudit lobby, nous donne cependant un indice. «Un peu plus d’une centaine de personnes ont protesté contre le profilage racial et le projet de loi 14 du gouvernement de François Legault, samedi après-midi à Montréal. Organisée par la Ligue des droits et libertés (LDL) et divers groupes antiracistes […]» (Manifestation contre le profilage racial et le projet de loi 14 à Montréal, Le Devoir, 27 mai)
 

 
 
«Une manifestation a réuni près d’une centaine de personnes au centre-ville de Montréal, samedi, non seulement pour dénoncer le profilage racial mais aussi pour commémorer la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier le 25 mai 2020. Cette marche[…] était organisée par plusieurs organismes communautaires, dont Hoodstock, le Collectif de lutte et d’action contre le racisme (CLAR) et la section québécoise de la ligue des droits et libertés.»  (Manifestation à Montréal pour dénoncer le profilage racial, Radio-Canada, 27 mai) 
Certes un seul évènement, ne permet pas à lui seul de déterminer le poids d’un mouvement. mais il fournit tout le moins un ordre de grandeur; dans ce cas, à peine plus qu’une centaine de personnes. À peine plus qu’une centaine de personnes, mais un article dans Le Devoir et un topo à Radio-Canada, La chaîne de télévision Noovo, s’est elle aussi fendue d’un topo sur la manifestation. 
À peu près une centaine de personnes (dixit Radio-Canada) par une journée splendide, pas nécessaire d’être un complotiste fini pour se convaincre que le lobby antiraciste jouit d’une presse complaisante et que personne ne s’intéresserait à son sort sans cette presse. 
Sans cette presse complaisante , le lobby antiraciste existerait-il au Québec? Sans cette presse, le lobby antiraciste serait-il autre chose qu’un phénomène marginal.
 

 

Combien de divisions?: brève explication: «Le Pape combien de divisions? L’expression est attribuée à Josef Staline. Elle aurait été dite par le Petit père des peuples lors d’une rencontre de ce dernier avec Pierre Laval, alors ministre des Affaires étrangères de la France. Laval recherchait alors une alliance avec l’Union soviétique. Il se trouvait en Union soviétique alors que le régime stalinien en lutte contre le nationalisme ukrainien affamait la population ukrainienne (l’Holodomor) et réprimait brutalement le catholicisme en Ukraine (les catholiques uniates). Laval aurait demandé à Staline d’autoriser le culte catholique; réponse de Staline » «Le pape, combien de divisions?». L’expression est resté pour illustrer brutalement la réalité d’un rapport de force inégal. Encore que? Que répondrait aujourd’hui un contemporain Joseph Staline après le pontificat deKarol Wojtyla?

Thursday, June 1, 2023

Le yoyo

 



Nous savions François Legault passionné de hockey, nous le découvrons amateur de yoyo. En effet, le premier ministre joue au yoyo avec le nombre d’immigrants permanents que le Québec devrait acceuilir annuellement. 
«La ministre de l’immigration, Christiane Fréchette, a déposé jeudi au Salon bleu les propositions gouvernementales qui mèneront l’automne prochain aux consultations pour mettre à jour la Planification pluriannuelle de l‘immigration au Québec pour la période 2024-2027. Le gouvernement met en jeu deux scénarios. 
Le premier reprend intégralement la promesse faite en campagne électorale par François Legault, à savoir qu’il maintient pour l’ensemble de son deuxième mandat le seuil d’immigrants permanents accueillis annuellement à 50 000. Or, un deuxième scénario soumis aux consultations aurait pour effet de briser cet engagement.
Dans cette seconde hypothèse, Québec propose de hausser ce seuil à 60 000 d’ici 2027, le faisant progresser de 50 000 immigrants permanents en 2024 à 54 000 en 2025, 57 000en 2026 et 60 000 en 2027. À ce nombre s’ajoutent les étudiants étrangers essentiellement diplômés des cégeps et universités francophones qui postuleraient à une nouvelle version du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Pour cette raison, il est difficile d’estimer le nombre d’étudiants qui cogneraient à la porte de ce programme remanié. Sous son ancienne forme  au cours des dernières années, entre 2000 et 8000 étudiants ont été admis annuellement.» (Québec prêt à augmenter son seuil à plus de 60 000 d’ici 2027, La Presse, 25 mai).
 
 
C'est une noyade démographique qui attend les Québécois.

 
Les Québécois commencent à s’habituer aux façons de faire de François Legault et à ses reniements; après le troisième lien, voilà les seuils d’immigration. Les Québécois réalisent qu’ils sont gouvernés par un homme sans honneur et sans paroles, s’en souviendront-ils en 2026? Ceux qui s’inquiètent du cynisme chez les électeurs connaissent maintenant l’un des responsables de ce cynisme. 



Politique Fiction

 

D’emblée, je dois convenir que je suis pas un fan de Jasmine Abelfadel, chroniqueuse au Journal deMontréal. Mais, même une montre arrêtée, donne l’heure juste deux fois par jour. C’est pour cette raison qu’il faut lire, la chronique de Mme Abdelfadel, du 23 mai. Elle y écrit:«L’idée de faire du Québec un pays revient graduellement à l’ordre du jour. Pleinement assumée par le PQ de Paul St-Pierre Plamondon, la souveraineté redevient un sujet politique comme incontournable durant les prochaines années.» (la souveraineté est de retour: bonne nouvelle pour Paul Saint-Pierre Plamondon, mauvaise nouvelle pour François Legault, Journal de Montréal, 2 mai)
 

 
 
«Qu’il s’agisse de l’initiative du siècle, cette volonté fédérale d’accroître de manière massive les volumes d’immigration au niveau fédéral, des congrès du PQ et du Bloc, des contestations des lois 21 et 96, de la gestion des frontières, des transferts en santé et des relations entre le Québec et le fédéral[…] l’indépendance du Québec est souvent présentée comme la solution ultime.
Si ce phénomène persiste dans le temps, ce qui est fort à parier, cela risque d’ébranler le paysage politique actuel.
En effet, le clivage souverainisme versus fédéralisme change les paradigmes à partir desquels on analyse la politique et fait , inexorablement, l’affaire de certains plus que d’autres. 
Qui gagnerait à déterrer ce débat de société? tout d’abord, les indépendantistes.
Évidemment, en parler leur permet d’assumer pleinement leur leitmotiv politique sans détour, sans nuance et sans gants blancs ,Plus on en parle, plus ils peuvent affirmer qu’il s’agit d’une option encore possible , envisageable et atteignable.
Les partis souverainistes, particulièrement le Parti québécois, n’auront plus à chercher à faire oublier la raison même de leur existence, mis plutôt à démontrer que c’est la seule option possible pour les indécis. 
 

 
 
Les libéraux pourraient rapidement reprendre du poil de la bête et tirer leur épingle du jeu. Ils pourraient devenir la seule valeur refuge pour ceux qui rejettent cette idée de se séparer. 
Seul parti ouvertement fédéraliste à l’Assemblée nationale , le PLQ pourrait rapidement rassembler et accroître son influence, sans nécessairement avoir à achever sa longue traversée du désert. 
Un cadeau en or pour une formation en décrépitude qui cherche encore à se définir au-delà du fédéralisme, sans trop de succès. 
Lorsqu’une question aussi importante que l’avenir d’un pays s’impose , être assis sur la clôture peut devenir très inconfortable. 
La CAQ risque d’être la première victime de ce débat. cette dernière n’étant ni souverainiste ni ouvertement fédéraliste, la notion de nationalisme risque de  convaincre que peu d’électeurs tout en créant une fissure qui ne peut être colmatée au sein des troupes. Comment peut-on exister dans un débat aussi clivant lorsqu’on a au sein de ses troupes, des souverainistes convaincus aux côtés de fédéralistes assumés? Toute tentative d’avoir une position mènerait vers l »,implosion. La CAQ de François Legault devra tôt ou tard s’aligner.
Québec solidaire se retrouvera dans la même position inconfortable que celle de aCAQ. Officiellement souverainiste, la formation politique est avant tout de gauche, voire d’extrême gauche. Les derniers sondages au sein des électeurs de QS nous apprenaient que la moitié de leurs électeurs seraient nan moins contre l’idée de faire du Québec un pays. Un beau casse-tête vue!»
La réflexion de Mme Abdelfadel est intéressante, mais incomplète. Le «retour» de la souveraineté marque le retour du clivage fédéralisme-indépendance. Un clivage auxquels certains souhaitaient substituer un clivage droite-gauche. Clivage qui n’a pas pris chez le quidam québécois, trop absorbé et habitué au clivage fédéralisme-indépendance, clivage ayant l’avantage de la simplicité  
 
Vers un regain péquiste?

 
 
Le «retour» de la souveraineté annonce aussi des mouvements politiques que Mme Abdelfadel aborde rapidement, des mouvements politiques qui pourraient mener à une reconfiguration du paysage politique québécois. il n’y a pas que Paul St-Pierre Plamondon pour se réjouir de ce «retour», c’est aussi une excellente nouvelle, mieux un cadeau du ciel, pour Marc Tanguay ou celui ou celle qui lui succédera. La menace du retour de la souveraineté dans les débats politiques québécois simplifie les choses pour le Parti libéral du Québec (PLQ). il lui suffira de relancer le terme référendum dans le débat  pour retrouver sans peine son électorat. Pour la CAQ, constituée autour d’une volonté de faire le vide sur la question nationale pendant au moins une décennie et sortir le Québec de la polarisation indépendance-fédéralisme, c’est moins l’implosion qui la guette, comme le croit Mme Abdelfadel. À mon avis , ce qui guette une CAQ, placée au pied du mur et devant choisir, c’est moins l’implosion qu’un effritement lent et pénible. Les militants fédéralistes quitteront le parti sur la pointe des pieds et rejoindront discrètement le PLQ. Les ministres eux feront connaître leur défection et se «magasineront.» d’avantageuses positions au sein du PLQ.  nous retrouveront éventuellement ces ex-caquistes réalistes et ambitieux, ministres libéraux à la première occasion. Les souverainistes de la CAQ, regagneront le Parti Québécois.
Resterons à la CAQ, les autonomistes «mi chair, mi poisson» incapable de se brancher. Rèvant d’être une nouvelle Union nationale. Au terme de tous ces mouvements ou retrouverons-nous François Legault, les paris sont ouverts. 


Autre formation que le retour de la souveraineté mettra à rude épreuve, Québec solidaire aussi devrait faire face
aux affres de l’effritement. Les plus à gauche des solidaires devraient en toute bonne logique constituer un vrai parti de gauche; quelque chose comme Québec insoumis. Les solidaires souverainistes se résoudront-ils à rejoindre le PQ, voudront-ils, même au nom du pays, entrer dans un parti bourgeois et tenu par eux comme étant «de droite».  Le PQ acceptera-t-il de«glisser» un peu à gauche afin d’accueillir ces solidaires souverainistes.Un PQ simplement social-démocrate saura-t-il contenter ces solidaires souverainistes?Le PQ acceptera-t-il de«glisser» un peu plus à gauche afin d’accueillir ces solidaires prétendument souverainistes?
Un nouveau virage à gauche au PQ?
 
Vos hypothèses valent les miennes à ce jeu de politique fiction; nous pouvons, je crois nous accorder sur le fait que les années à venir pourraient s’avérer politiquement parlant passionnantes.