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Sunday, November 24, 2019

La seule version


Il semble difficile d'échapper à l'histoire lorsqu'une version unique de celle-ci s'impose. Le chroniqueur Christian Rioux en donne la preuve (Dreyfus aujourd'hui, Le Devoir, 22 novembre). il se penche sur le récent film de Roman Polanski, Dreyfus, pour traiter de l'antisémitisme en France »[...]ce film aujourd'hui en tête du box-office est, il faut le dire, un film essentiel. [...]Cela est évidemment dû au sujet qui relate l'un des procès les plus dramatiques de l'histoire de France de l'antisémitisme moderne . Celui du capitaine Dreyfus démis de ces fonctions en 1895et emprisonné à l'Île du Diable pour espionnage. Il faudra dix ans pour démonter cette machination destinée à conforter l'antisémitisme qui déchirait alors l'Europe et conduira aux horreurs que lion sait. (Ayant passé le point Goodwin, il faut souhaiter que Christian Rioux nous explique dans une prochaine chronique, le ou les liens entre l'Affaire Dreyfus et « les horreurs que l'on sait ».)  
 
 
 
Tout à la version officielle de l'affaire, Christian Rioux omet simplement de mentionner que le capitaine ne gut pas jugé et condamné dans une France antisémite, parce que Juif. Christian Rioux aurait été plus avisé d'expliquer que c'est bien plus que de d'espionnage dont il est ici question.  Albert Dreyfus fut inculpé et condamné parce qu'il aurait livré des secrets militaires aux Allemands (notamment des secrets relatifs au fameux canon de 75), accusation gravissime dans le contexte de la Revanche, cette volonté pour la France de prendre sa revanche sur l'Allemagne qui l'avait vaincu lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et avait profité de sa victoire pour lui arracher l'Alsace et la Lorraine et les annexer à l'Allemagne impériale. Il faut rappeler la raison de la condamnation de Dreyfus,  car depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui « l'Affaire » est régulièrement utilisée pour décrire la France comme une société antisémite(curieuse société qui aura conduit à la fonction suprême des hommes comme Léon Blum, Pierre Mendès-France et plus près de nous, Nicolas Sarkozy, une société dans laquelle une extrême-droite agirait comme un puissant levain antisémite. Vision fausse qui encore aujourd'hui conditionne la réflexion de nombreux journalistes hommes politiques; au point que la filière d'extrême-droite a fait oublier la progression d'un nouvel antisémitisme, celui des jeunes musulmans des «banlieues». Antisémitisme encore nié par plusieurs afin de ne pas stigmatiser ces jeunes des «banlieues» et entraîner le risque pour les journalistes et la classe politique d'être tenus à leur tour pour «racistes», silence complice qui conduit plus sûrement le Français dans les bras du Rassemblement national que le meilleur des discours de Marine Le Pen.

Saturday, November 16, 2019

Ça fonctionne à tous les coups



Le film J'accuse de Roman Polanski sort cette semaine sur les écrans parisiens. Le film inspiré par l'affaire Dreyfus met en scène Jean Dujardin dans le rôle du lieutenant colonel Georges Picquart (dans le film, l'affaire est vue à travers ses yeux) et ,dans celui du capitaine Charles Dreyfus. L'Affaire a divisé la France à la fin XIXe siècle et curieusement c'est la sortie du film qui  crée des vagues, vagues sans aucun rapport avec la crise de la fin du XIXe siècle. Si l'on se fie à la bande annonce disponible sur Internet, c'est une vision très conformiste de l'Affaire que Polanski semble vouloir présenter, comment s'en étonner puisqu'il à plusieurs reprises qu'il voyait dans cette affaire un écho à sa propre histoire, s'estimant «persécuté». Cette fois c'est le réalisateur Roman Polanski qui est à l'origine des remous autour de J'accuse. Polanski a été accusé, du viol d'une mineure à Los Angeles, en 1977, il vit en exil en France, depuis 1978. Plus récemment, il a fait l'objet de nouvelles accusations pour agressions sexuelles, accusations présentées cette fois par la photographe et ancienne mannequin , Valentine Monnier, elle accuse Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 alors qu'elle avait dix-huit ans. Pour un peu on finira par croire à un modus operandi.



«À l'inverse, la réalisatrice Nadine Trintignant a pris la défense de Roman Polanski : « »Je trouve très grave de l'embêter en ce moment , ou il y a une remontée de l'antisémitisme en Europe » a-t-elle dit sur la chaîne de télévision BFMTV.»(Sortie mouvementée en France pour le J'accuse de Polanski, La Presse, 13 novembre)  Ainsi parce que Roman Polanski est d'origine juive, il serait de facto au-dessus des lois. C'est un très curieux et discutable raisonnement que tiens là Nadine Trintignant, si nous faisions notre ce raisonnement Harvey Weinstein serait libre dans les rues de New York.