Saturday, March 7, 2026

Docteur Jekill et Monsieur Hyde

 


Le discours de Mark Carney à Davos a fait une forte impression sur la gent journalistique québécoise. Pour les pisse-copie du Québec, le discours de Davos (devant le Forum économique mondial) dans lequel le premier ministre brossait les contours d’un nouvel ordre international et se faisait le chantre des «puissances intermédiaires  invitées à résister à l’intimidation des «puissances hégémoniques ». Sous la plume de nos pisse -copies locaux, Mark Carney a acquis (le temps d’un discours) la stature d’un homme d’état international et devenait l’«homme de Davos». Il n’a pas fallu beaucoup de temps avant que les Québécois réalisent que le discours de Davos n’était que «paroles, les paroles…»(merci à Dalida et Alain Delon). Oubliant ses propos devant le Forum économique mondial 2026 et reprenant rapidement le chemin de la niche, Mark Carney apportait son appui et le notre à l’agression américano-israélienne contre la République islamiques d’Iran. En voyage officiel en Inde, Mark Carney déclarait: «Le Canada appuie les mesures prises par les États-Unis», at-il déclaré à Mumbai, en Inde, quelques heures après les premières frappes menées conjointement par Washington et Israël. » (L’appui inconditionnel de Mark Carney aux frappes en Iran: un pari risqué?, Radio-Canada, 2 mars). Se rendant peut-être compte de ce que cet appui inconditionnel à «la» puissance hégémonique de l’heure pouvait avoir de contradictoire et d’absurde après  sa déclaration de Davos, Mark Carney s’empressait de rétro pédaler et déclarait à Sidney, Australie: «De prime abord, cela semble ne pas être conforme, ou être contraire au droit international[…]» (Mark Carney juge les frappes sur l’Iran « contraires au droit international », Journal de Montréal, 4 mars).

 


 

 

 Cette volte-face, lui a-t-il fait perdre le nord? Peut-être, car au terme de ces déclarations: pourrions-nous trouver engagés militairement au Moyen-Orient: «On ne peut jamais exclure catégoriquement une participation» a statué le premier ministre , en anglais. «Les États-Unis et Israël ont décidé de mener des actions offensives sans consultation avec le Canada ou aucun autre allié, et ça, nous ne le soutenons pas. Mais nous défendrons toujours les Canadiens et soutiendrons nos alliés lorsqu’ils feront appel à nous», a-t-il poursuivi.»(Mark Carney n’exclut pas d’impliquer le Canada, La Presse, 4 mars). 

L’«homme de Davos» aura fait illusion huit courtes semaines. La queue entre les jambes, Mark Carney nous a ramené dans le giron américain. 

Mark Carney espérait peut-être que cette déclaration tenue de l’autre côté de la planète passerait inaperçue. Mal lui en pris, Grâce aux moyens de communication modernes, les journalistes affectés à la couverture de la tournée asiatique de Mark Carney  peuvent demeurer en contact avec leurs salles de rédaction et relayer l’information au public canadien.  

Mark Carney parle peut-être un français laborieux, mais il ne peut ignorer que Les paroles s’envolent et que les écrits restent. Si notre premier ministre ignore l’expression en français, il ne peut ignorer qu’elle existe aussi dans la langue de Shakespeare: dans ce cas, elle devient : Spoken word vanish written word last. Dans les deux langues, il s’agit de la traduction de la formule latine: Verba volant Scripta manent.  Il est heureux pour les Canadiens que les écrits restent car sans cela les déclarations de Mark Carney se seraient peut-être perdues entre deux escales de sa tournée asiatique ou dans les calepins de journalistes «sonnés» par le décalage horaire. Il faut d’ailleurs remercier ces scribes; sans eux, aurions nous pris conscience que notre premier ministre est un véritable Docteur Jekill et monsieur Hyde. Monsieur Davos à Ottawa et laquais de Donald J. Trump à Washington.

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