Friday, September 18, 2026

Vigilantes

 



Devons-nous craindre que la crise de l’itinérance ne prenne un nouveau visage. 

La cohabitation difficile autour de la Maison Benoît Labre à Montréal nous incite à le croire.





«Un voisin de la Maison Benoît Labre, située dans le quartier Saint-Henri à Montréal, n’en peut plus de la cohabitation difficile avec les itinérants dans le secteur et dénonce des confrontations auxquelles il a dû faire face au cours des derniers mois. « J’habite en face du McDo et j’ai ça dans la face, je n’ai même pas besoin d’allumer la télévision», a lancé d’entrée de jeu Réal Rémillard au micro de Mario Dumont à QUB radio et télé, diffusé au 99,5 FM Montréal, mercredi. «Je vois ça tous les jours, a-t-il ajouté. Bagarre, vente de stupéfiants, prostitution, c’en vient écoeurant. C’est jour et nuit, 24 heures sur 24. M. Rémillard raconte que sa belle-fille travaille au restaurant McDonald’s situé tout près de chez lui, et qu’il se fait un devoir de veiller à ce que les itinérants laissent les employés du commerce tranquilles.»[…] «On est rendu que pour se protéger, il faut en venir quasiment aux coups, parce que ça ne comprend rien, c’est rendu dangereux, a renchéri M. Rémillard. On parle de déménager, de changer de quartier.»(Cohabitation près de la Maison Benoît Labre: Pour se protéger, il faut quasiment tenir aux coups déplore un voisin, Journal de Montréal, 16 septembre). Pour l’instant, ces accrochages sont limités, à des rixes entre individus. Rien ne nous assure, qu’ils vont le demeurer. Il n’est pas impossible de penser qu’un jour des groupes de citoyens excédés décideront de prendre entre leurs mains une justice que les autorités constituées n’exercent pas, et se transformeront en vigilantes. Ce jour-là ces citoyens excédés s’attaquerons à un campement d’itinérants et le démantèleront manu militari, en venant aux coups avec les itinérants habitant alors le campement.  Ce jour-là, les bonnes âmes, déchireront leurs chemises et crieront à des initiatives suscitées par l’extrême droite. Les plus radicaux parleront peut-être même de fascisme. Les bonnes âmes sont déjà à l’oeuvre: «Alors que des voisins dénonçaient «la crise du quartier Saint-Henri devant la Maison Benoît Labre, des Montréalais se sont rassemblés mardi pour une contre-manifestation pour soutenir les ressources en itinérance. Organisée par le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), cette «chaîne de solidarité» a rassemblé une centaine de personnes qui refusent de voir fermer la Maison Benoît Labre»(«On ne peut pas les mettre sur la Lune»: des manifestants demandent plus de ressources plutôt que la fermeture de la Maison Benoît Labre, Journal de Montréal, 16 septembre) Des bonnes âmes promptes à stigmatiser ces citoyens excédés laissés à eux-mêmes devant l’anarchie rampante que représente l’itinérance. Ce sont des militants comme ceux du RAPSIM qui assurent la marche en avant de la chienlit dans nos sociétés.

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