L’incident en soi peut apparaître mineur. Il n’illustre pas moins la dégradation du climat social au Québec et plus particulièrement à Montréal. « À peine un mois après le meurtre insensé d’un policier du PDQ 26, à Montréal, deux policières du même secteur ont été désarmées et tabassées lors d’une intervention de routine. Dans la nuit de dimanche à lundi , un peu avant 2h du matin, deux policières SPVM ont intercepté des individus pour une banale infraction au code de la route. Selon nos informations, les contrevenants circulaient sans casque sur une seule et même trottinette électrique sur la rue Mistral, dans le quartier Villeray. Dans la foulée de cette intervention, les deux hommes auraient résisté et auraient frappé les deux policières. L’un aurait même réussi à désarmer l’une des agentes, en s’emparant de son bâton télescopique. On ignore s’il s’en est servi pour frapper les policières. Les deux jeunes femmes qui accompagnaient les deux suspects auraient elles aussi participé à l’échauffourée, mais de façon plus modérée. Moins nombreuses et en fâcheuse position, les deux policières sont parvenues à demander des renforts, qui sont arrivés rapidement sur les lieux.
Accusations (en caractère gras dans le texte d’origine)
Au total, quatre suspects ont été arrêtés. Mohammed Mountassir, 25 ans, fait face aux accusations les plus graves, soit avoir désarmé un agent de la paix, voies de fait sur un agent de la paix et d’entrave au travail des policiers. Le juge lui a accordé sa remise en liberté d’ici son procès, moyennant quelques conditions à respecter. Mohammed Mountassir Samir Ben Zerraouia, 25 ans, a quant à lui été accusé de voies de fait et d’entrave à un agent de la paix. Il a aussi pu retrouver sa liberté en attendant son procès. Les deux femmes, Imane Chemouri, 25 ans, et Doha Sakri, 23 ans, ont été libérées, mais pourraient être accusées prochainement de voies de fait sur les policiers et d’entrave à leur travail.[…]»(Deux policières tabassées par quatre suspects à Montréal, Journal de Montréal, 30 juillet).
L’incident a suscité une réaction, qui se voulait probablement définitive, chez l’ancien ministre de la Sécurité publique du Québec, Stéphane Bergeron, réaction intéressante, moins par ce qu’elle dit que par ce qu’elle ne dit pas. «Le passage à tabac de deux policières du Service de police la Ville de Montréal (SPVM), lors d’une simple intervention de routine dans la nuit de dimanche à lundi, est non seulement écoeurant, mais inacceptable, selon Stéphane Bergeron, ancien ministre la Sécurité publique du Québec.»
(Policières tabassées Montréal: «[…] Interrogé sur la situation jeudi, StéphaneBergeron n’a pas mâché ses mots en entrevue sur LCN: «J’ai un sentiment de profond dégoût à l’égard d’un comportement aussi peu civique, pour ne pas dire criminel, de la part de citoyennes et de citoyens qui devraient normalement manifester le plus grand des respects à l’égard de nos forces policières », a-t-il déclaré.». […] Au-delà de cet incident , M. Bergeron pointe la montée de la violence dans les rues. […] «On est en train d’instituer une espèce de culture de la violence et il faut absolument intervenir pour mettre un terme à cela. […]»(Policières tabassées àMontréal: «J’ai un sentiment de profond dégout», lâche un ancien ministre de la Sécurité publique, Journal de Montréal, 30 juillet). Nous connaissons maintenant l’opinion du citoyen Bergeron. Qu’en est-il de celle de l’actuel ministre de la Sécurité publique du Québec, l’ancien «gardien de la paix», Ian Lafrenière et de celle du patron des deux policières agressées et tabassées, le habituellement très médiatique Fady Dagher, silence radio jusqu’ici, craignent-ils de prendre à rebrousse-poil les nombreux amis de la diversité montréalaise égratignant les « chances pour le Québec que sont Mohammed Mountassir, Samir Ben Zerraouia, Imane Chemouri et Doha Sakri. Parler de «culture de la violence» comme le fait Stéphane Bergeron sans aborder la question du changement du tissu social de Montréal depuis quelques années, c’est parler pour ne rien dire.

No comments:
Post a Comment